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 Petite promenade entre amies

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Saëlina Mil'Rev
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MessageSujet: Petite promenade entre amies   2011-02-25, 01:44

Le marché d’Al-Vor. Il était formé d’étals disposés de façon anarchique sur la place publique, ne laissant que peu d’espace aux badauds. On pouvait voir des étoffes aux milles couleurs, du rouge vif au vert criard, en passant par le cuir sombre des voyageurs avertis. La viande fumée exhalait une odeur désagréable à côté des fruits exotiques provenant de l’Autre Continent. Si la guerre menaçait les Alaviriens de perdre leur territoire, quelques profiteurs avaient saisi l’occasion pour commercer avec le camp ennemi et s’enrichir. La corruption était partout, et la présence de ces fruits dans la capitale même de Gwendalavir en était la preuve visible. Mais l'Empire était trop pressé de tous côté pour chercher à arrêter ces commerçants peu scrupuleux.
Au cœur du tohu-bohu, Saëlina se coulait aisément dans la masse en compagnie de deux amies de longue date : Kahyra et Asmah. Toutes trois avaient décidé de se retrouver ici, là où personne ne ferait attention à elles. Elles discutaient du temps d’avant, quand la sécurité et la paix régnaient encore dans le Royaume. Cela n’avait pas duré longtemps. Avant, il était possible de flâner dans les recoins sombres de la ville sans craindre pour sa vie. Aujourd’hui, même pour les jeunes femmes rompues au combat qu’elles étaient, ce n’était plus envisageable. La marchombre aurait voulu vivre librement, sans jamais avoir à combattre pour quelqu’un. Sans jamais devoir choisir de camp. Mais maintenant, il devenait évident qu’elle devait se battre pour vivre, elle ne pouvait plus lutter seule sans avoir à se soucier des autres. Paradoxalement, elle avait besoin de la souveraineté de l’Empire pour vivre en marge de celui-ci.
Mais aujourd’hui, elle ne combattait pas pour l’Empire. Aujourd’hui, elle avait décidé de s’accorder un moment de paix avec des amis, ce dont n’importe quel être humain avait besoin. Elle regarda Kahyra et Asmah, puis leur sourit tristement.

«
- Dans quelques temps, je ne sais pas si nous pourrons encore nous accorder le luxe de nous promener au marché ! La situation de l’Empire semble empirer toujours plus… A l’heure qu’il est, l’armée Alavirienne se fait peut-être décimer par les forces de l’Autre Monde… La plupart des marchombres œuvrent à Al-Jeit et élaborent des plans que je ne peux vous transmettre, mais je n’apprécie pas vraiment d’être là-bas. Vous savez, je n’ai pas vraiment d’affinités avec les membres de la guilde…»

Saëlina soupira. Comme elle aurait aimé que ses amies soient marchombres ! Mais la Voie ne s’ouvrait qu’à très peu de personnes, et elles ne faisaient pas partie de ce petit nombre. Même si la marchombre était très reconnaissante de l’enseignement qu’elle avait reçu, elle aurait préféré ne jamais avoir de comptes à rendre à la guilde. Ne plus jamais retourner au quartier général et ses couloirs sombres. Vivre toujours au gré du vent avec son étalon, Nuit. Elle aurait voulu lier des amitiés au rythme des rencontres, sans avoir à montrer à quelle guilde elle appartenait et être libre, insouciante. Heureusement tout de même, quelques personnes savaient qui elle était profondément. Des personnes à qui elles pouvaient tout dire en totale confiance. Et elles étaient à ses côtés, en ce moment même, au milieu de l’illusion de sécurité que procurait le marché. Une illusion bien fragile…
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Kahyra Fenhago
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MessageSujet: Re: Petite promenade entre amies   2011-03-03, 07:00

Les marchands les regardaient passer d’un air attentif, à la fois menaçant et accueillant, déchiré entre l’intimidation du mal qui s’était infiltré en Gwendalavir et l’envie de vendre. Tous avaient leur main posée sur le manche de l’arme qu’ils portaient à la ceinture. Malgré les évènements terribles et la tension omniprésente, les marchands se rassemblaient encore au marché d’Al-Vor afin de survivre. Ces gens qui surveillaient leur marchandise étaient-ils parmi les derniers à renoncer au vol pour survivre ? Pourtant certains d’entre eux l’avait déjà commis, et même à plusieurs reprises. Était-ce donc pour voler la marchandise de leur voisin qu’ils se présentaient toujours malgré les temps dangereux ? Pour certains, oui.

Les gens étaient devenus fous. Gwendalavir était méconnaissable. Le pays des Alaviriens commençait fortement à ressembler à l’autre monde, là où la richesse et le pouvoir régnaient et effaçaient la moralité humaine.

La lucidité ne faisait plus partie du regard des habitants. Un énorme mur s’était construit rocs sur rocs, de pierres noires sur lesquelles s’inscrivait l’histoire qui allait se dérouler, qui, en
Cruauté
Meurtres
Égoïsme
Morts
Panique

vérité, se déroulait.
Oui, la lucidité s’était pour la plupart évaporée. La crainte, la folie, la panique l’avait remplacée. Car ce mur était réel, et il aveuglait le peuple entier et ne cessait de s’élargir. Bientôt, ses extrémités allaient se rejoindre et s’incliner dangereusement vers le centre afin d’écraser l’humanité qui permettait son expansion.


Quelques jours plus tôt, Kahyra avait témoignée cette folie. Cela s’était produit dans une rue à Al-Vor un soir où elle s’était risquée à se promener seule. Trois hommes s’étaient approchés d’elle ; pas particulièrement imposants, armes à la main. La faëlle avait explosé. S’était mise à crier, à leur cracher au visage toute la frustration, la crainte, la déception qu’elle ressentait à l’égard de son espèce. Elle ne les voyait plus car ce n’était pas seulement envers eux qu’elle hurlait, mais envers les terres entières. Envers les gens de l’Est qui les envahissaient, envers les égoïstes qui en profitait, et si elle l’avait su, envers tous les gens sur l’autre monde qui exploitaient, abusaient, tuaient. Qui exploitent, abusent, tuent.
Tel un volcan qui crache le magma accumulé au cours de longues années.


Elle avait perdu connaissance avant même qu'un d'eux s'approche d'elle.
Le lendemain, ou le jour après le lendemain –quelle importance cela avait-il ?– elle s’était réveillée, sans possessions. La faëlle avait alors reboutonné sa tunique qu’ils avaient laissée entrouverte et était partie.
La crainte en moins.
La frustration ; calmée pour le moment.
La déception ; toujours présente, toujours croissante.


Kahyra aurait aimé ressentir le soulagement d’être vivante, mais même cela s’était évanoui.
Elle avait appris sa leçon.
À présent, elle escaladait le mur de pierres noires.
Pour combattre le Mal, pour pouvoir continuer à voir le ciel, à voler.
Car ce n’était pas qu’un cataclysme qui projetait son ombre sur Gwendalavir ; c’était l’Apocalypse.



Au marché, les oiseaux sifflaient de mélodies lointaines, intrus dans ce monde empoisonné. La jeune femme fut captée par cette surprise qui lui rappelait que même au sein du Mal se retrouve le bien. Que vivre ce bien permettait de combattre le Mal.
La beauté résistait, après tout. Il ne fallait que regarder les trois amies pour le constater.


Saëlina exprima les pensées de la faëlle ; cette liberté n’allait pas durer.

- Dans quelques temps, je ne sais pas si nous pourrons encore nous accorder le luxe de nous promener au marché ! La situation de l’Empire semble empirer toujours plus… A l’heure qu’il est, l’armée Alavirienne se fait peut-être décimer par les forces de l’Autre Monde… La plupart des marchombres œuvrent à Al-Jeit et élaborent des plans que je ne peux vous transmettre, mais je n’apprécie pas vraiment d’être là-bas. Vous savez, je n’ai pas vraiment d’affinités avec les membres de la guilde…

C’était rassurant de savoir qu’il y avait tout de même une résistance à cette poussée d’immoralités.

- Je te comprends lorsque tu dis que tu n’as pas d’affinités avec ta guilde, mais ces temps-ci le choix de personnes saines à côtoyer n’est pas très étendu…

Son amie était fortunée d’avoir un groupe moralement équilibré auprès duquel elle pouvait élaborer des conspirations contre les forces ennemies. Kahyra venait de quitter son pays faël, qui l’avait jusqu’alors plutôt isolé des problèmes de Gwendalavir. Elle n’avait cependant été capable de rester écartée et témoigner la mort d’un peuple sans tendre la main. La faëlle s’était donc lancée dans ce qu’elle nommait le « combat contre le Mal ».

Elle passa la main sur un tissu vert pâle, caressant la douceur de ses plis.
Il est tel l’humanité ; d’une beauté captivante lorsqu’il est propulsé dans les caresses du vent, ses danses parlants d’idées nouvelles, et l’éclat du soleil sur ses courbes, de promesses. Mais il ne suffit que d’un souffle maléfique pour qu’il chute et s’écrase dans la boue, se maculant à jamais et rendant presque impossible la tâche de s’élever à nouveau.


[Isn't this where
...We came in ?
-Pink Floyd]

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MessageSujet: Re: Petite promenade entre amies   2011-03-10, 03:31

Asmah ne voyait pas toute l'agitation malsaine qui l'entourait. A peine sensible à l'abattement de ses compagnes, il lui semblait nettement préférable de tirer un parti profitable -d'un point de vue moral- de la situation. Un monde pourri par les brebis galeuses ne dérangeait pas la Maîtresse de la Fantaisie. Selon elle, le monde n'était pas fou. A peine perturbé, et leur folie n'était qu'une espèce de médiocre façon de réagir, rien à voir avec sa Fantaisie de loin favorite.
Quant à la Guilde des Marchombres...
Jamais personne n'avait vraiment compté sur elle, là-bas, à l'exception d'Ërlam, et ce d'une tout autre façon. Comme il était très haut placé, et qu'il la connaissait mieux que personne puisqu'il faisait partie d'elle-même (et inversement) le jeune homme n'avait jamais été assez stupide pour lui confier des missions dont elle ne voyait pas l'importance, pourtant évidente aux yeux du commun des mortels. Le résultat était simple; si elle ne s'amusait pas, elle pouvait suivre le premier inconnu qui lui paraissait drôle, ou se mettre à collectionner les arc-en-ciel. En revanche, quand l'affaire semblait tenir Ërlam particulièrement à coeur, elle la gérait alors de façon louche mais efficace. De même pour ses enseignements, durant lesquels la plupart de ses apprentis mourraient. Les autres devenaient la plupart du temps des marchombres aguerris, bien que légèrement dérangés.
Ërlam ne risquait rien. On ne peut pas être en symbiose totale avec la Maîtresse de la Fantaisie et risquer quelque chose, elle vous en voudrait trop. Bien qu'en ces temps où elle sentait néanmoins toute la puissance des perturbations humaines, il lui manque plus que de raison, et que la belle se sente obligée de retourner le voir plus régulièrement, et rester à ses côtés le plus longtemps possible... Jusqu'à ce qu'une autre lubie apparaisse.
Peu importait. A cet instant, Asmah ne pensait à rien. Les dernières soieries de l'Empire étaient nettement plus colorés à travers ses yeux d'argent, et le monde alentour beaucoup plus gai. Son sourire moqueur s'était fait cynique, et le seul désir qui guidait ses pas à ce moment-là était de changer les idées de ses amies.

Je trouve plutôt que ces temps-ci permettent de ne pas se tromper sur les gens à fréquenter.

La Reine des Pâquerettes leur sourit de toutes ses dents.

Le plus important est de trouver quelque chose d'amusant -ou d'utile, comme vous préférez- à faire pour ne pas rester dans ce genre d'ambiance apparemment déprimante. Même moi je me sens presque mal à l'aise...

Elle fit une pirouette qui la mena face à ses deux compagnes, qui marchaient de front. A reculons, la belle marchombre leur opposa un long doigt fin et brun, ainsi qu'un coup d'oeil équivoque de ses yeux d'argent profond.


D'ailleurs, je suis persuadée qu'une situation folichonne va nous tomber dessus très rapidement!


Asmah ne croyait pas si bien dire quand un carreau d'arbalète se ficha dans le sol, entre ses pieds. Au milieu de l'agitation alentour que l'incident amena avec lui, elle haussa les épaules, ravie.

Vous voyez?



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Spoiler:
 




Dernière édition par Asmah le 2011-04-30, 11:52, édité 1 fois
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Kahyra Fenhago
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MessageSujet: Re: Petite promenade entre amies   2011-04-28, 03:23

Un poste cours et très merdique, écrit rapidement, mais au moins un poste !
Désolé du retard !

___

Le carreau de la flèche s’enfonça dans le sol aux pieds d’Asmah.
La marchombre l’avait-elle entendu siffler dans l’air au moment où elle prédisait « une situation folichonne » à venir ? Non. Selon toute probabilité, c’était invraisemblable. Certes, Kahyra ne doutait pas des capacités auditives de la combattante, mais il aurait fallu que la flèche soit venue d’une large distance pour qu’Asmah ait eu le temps de l’entendre et de prononcer la phrase. Et la vitesse à laquelle était arrivée la flèche lui soufflait que ce ne fût pas le cas.
La faëlle connaissait les flèches. Elle vint donc à la conclusion que cette flèche, là, fichée au sol, n’était pas la cause de la prédiction de la marchombre.
C’était la première pensée de la jeune femme.

La seconde, très brève, était une nouvelle déception envers l’humanité.

Son instinct de chasseuse refit enfin surface lors de la troisième. Quelques secondes à peine s’étaient écoulées depuis le joyeux « Vous voyez ? » d’Asmah. Une flèche était déjà entre les doigts de l’archère, sa main tiré jusqu’à sa joue. Celui qui avait tiré, car c’était bien un homme, se trouvait à une soixantaine de mètres, son arc abaissé à son côté. Il était entouré de quatre autres individus, dont deux femmes.
Kahyra hésita entre son cœur et sa tête.
Lorsqu’elle chassait, elle visait toujours l’œil de l’animal, ce qui lui offrait une mort rapide et qui n’abimait pas trop la chaire.
Mais tu ne chasses pas.
le cœur la tête
le cœur la tête
le cœur, la
Si elle réussissait bien son tir, ce serait une flèche dans le crâne qui allait allouer une mort plus rapide.
La tête donc. Elle commença à ouvrir les doigts.

Mais tu ne chasses pas.

La faëlle interrompit soudainement son mouvement. Ce qu’il y avait dans sa zone de tire, c’était un être humain. Moralement défaillant, certes. Mais un être humain.
Elle abaissa son arc. Le monde pouvait bien devenir fou, elle ne ferait pas partie de cette folie. Pas si elle n’en avait pas besoin.

Kahyra regarda autour d’elle. Une grande partie des gens qui se promenaient dans le marché s’étaient volatilisés. Cinq ou six marchands pliaient bagages. D’autres demeuraient figés. Et certains sortaient eux aussi leurs armes de leur fourreau.
La jeune femme allait proposer à ses amies de quitter aussi l’endroit, car les marchands qui avaient dégainé leurs armes semblaient en état de se défendre contre les cinq individus qui…
…n’étaient plus très loin.

Se dirigeaient-ils vers l’endroit en général, afin de voler les marchands ? Ou était-ce envers Asmah, de façon spécifique, qu’ils cherchaient querelle ? Des problèmes de marchombres, peut-être ? Pourtant, quelque chose disait à Kahyra que ceux qui avaient une dent contre Asmah n’étaient pas limités à son cercle d’« amis » marchombres.

La jeune voyageuse jeta un regard à ses amies qui ne bougeaient pas non plus. Ils n’étaient plus qu’à une vingtaine de mètres. Si c’était envers elles qu’était dirigée cette flèche, il était trop tard pour prendre ses jambes à son cou.

De plus, peut-être était-ce le sourire de la marchombre, Kahyra avait l’impression que c’était exactement ce genre de situation dont Asmah avait envie en parlant de « situation folichonne ».

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MessageSujet: Re: Petite promenade entre amies   2011-05-27, 13:45

Le sourire d'Asmah -au dépourvu titanesque- était aussi profondément ancré en elle que le dégoût de l'humanité l'était pour Kahyra. La folie environnante n'était décidément pas une si grosse tare que l'on voulait bien le croire. D'ailleurs, la Folie n'était qu'une rivale assez peu inquiétante de la Fantaisie, qui en découlait toutefois; l'une étant la branche de l'autre, branche qui s'étendait maintenant jusqu'à un arbre voisin. Asmah, accrochée sur cette fameuse extrémité, n'en avait pas moins encore le pied sur la Folie qu'Ërlam s'était efforcé de lui faire abandonner.
Oh! La Reine des Pâquerettes n'avait pas été contraire à ce principe. En fait, elle n'était jamais vraiment contraire à la plupart des principes, et certainement pas ceux d'Ërlam. Qu'il veuille la sauver pour la ramener dans la raison alors que lui même n'était pas tout à fait sain d'esprit, il y avait de quoi rire. Elle avait rit, d'ailleurs, car sa conception de la raison avait été d'amener son complice un peu plus loin sur les chemins qu'il tentait de lui faire quitter. Non, décidément, les gens avaient beau la considérer comme folle, elle était uniquement fantasque. Perchée peut aussi être une définition acceptable.
C'était d'ailleurs en étant perchée sur un étrange nuage de couleurs vives et de senteurs exotiques qu'Asmah avait commis un -léger- tort à l'archer qui se tenait maintenant un peu trop proches d'elles au goût de Kahyra. Plus explicitement, il avait pu goûter à une humiliation sans pareil grâce à la jeune femme.
Quelques temps auparavant -le concept du temps échappait de plus en plus à la marchombre- La maîtresse de la Fantaisie avait décrété qu'il était temps pour elle d'aller chasser l'arc-en-ciel. Sachant qu'il est beaucoup plus drôle d'être accompagné et qu'Ërlam était retenu à la Guilde des marchombres pour cause poste trop haut placé, elle avait été dénicher quelques personnages sympathiques. Leur ayant raconté que l'arc-en-ciel était le nom d'une pierre aux multiples propriétés légendaires qui les rendraient riches ("comment! vous ne connaissez pas ! Eh bien, venez avec moi avant de crever ignorants") ce n'avait pas été très compliqué de se faire accompagner. L'ennui avait été que dès qu'Asmah avait repéré son fameux phénomène météorologique, elle les avait tout bonnement abandonné dans une région hostile, les privant de leur guide, de leurs chevaux (Il en fallait plus qu'Hazufel pour porter un si gros trophée) de leurs vivres (Elle avait plus besoin de manger qu'eux puisqu'elle chassait l'arc-en-ciel) et de leur réserve de flèches (Pour faire descendre du ciel son beau mirage coloré).
Bien qu'Asmah soit complètement décalée du reste de la réalité, elle avait une petite idée de pourquoi ils se présentaient désormais devant elle avec ce regard si peu agréable.


Tiens, salut ! ça fait un bail, qu'est ce que vous venez faire ici?


L'immense sourire de la belle rendit l'archer encore plus furieux.

Nous sommes venus te tuer, Asmah, pour nous avoir trahis !

Il avait prononcé ça comme une sentence terriblement palpitante qu'on voit souvent dans les films de catégorie B, bien qu'il ait l'air plus touché par ses propres paroles que les acteurs habituels.
Un coup d'oeil vers ses amies et une moue à peine ennuyée plus tard, la marchombre se gratta la tête.


Trahis?


Dupés !

Ce n'est plus trahis? (mimique blasée) Je te trouve bien instable, Farël.

Un second carreau vint s'enfoncer entre ses jambes, suivi cette fois de deux autres dirigés vers ses amies. C'était une des femmes qui avait tiré, ainsi que le dénommé Farël, qui était le porte parole du groupe. Le fait qu'elle ait eu à user d'un brin de séduction pour arriver à ses fins n'avait aucun rapport -selon Asmah- avec les regards encore plus furieux des deux compagnes du jeune homme. C'est vrai qu'il n'était pas mal, bien qu'un peu... impulsif. Il lui avait plu tout de suite, bien que maintenant leur "amitié" ait été légèrement compromise. Légèrement.
L'autre homme les avait accompagnés durant la mission, et avait beaucoup plus de cicatrices qu'avant l'abandon d'Asmah. On ne savait trop pourquoi.

Instable? C'est toi qui est le centre de toute cette Folie !

Quelle folie? Il était clair qu'être le centre de quelque chose plaisait à la jeune femme, mais pas le centre de la folie. Pas question. Elle se tourna vers Kahyra et Saë encore une fois.

Je ne suis pas d'accord avec lui, dit-elle simplement. Bien que je vous aurais expliqué volontiers ce qui nous arrive.

Dans quel bazar les avait-elles encore fourrées?






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Dernière édition par Asmah le 2011-09-23, 16:12, édité 1 fois
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Saëlina Mil'Rev
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MessageSujet: Re: Petite promenade entre amies   2011-09-23, 13:28

Voilà ! Désolée pour tout ce retard et pour ce post médiocre tout poussiéreux ! Rolling Eyes
_____________________


Tout était allé très vite. D’abord, il y avait eu cette flèche sortie de nulle part, qui avait fait croire à Saëlina que des bandits tentaient de créer un climat de panique pour s’emparer de toutes les marchandises et bourses possibles. Elle avait alors instantanément porté la main à sa ceinture, où se trouvaient deux couteaux, dissimulés sous un pan de tissu.
Pourtant, lorsque les cinq individus avaient commencé à manifester une attention particulière envers le groupe des trois filles, la vérité n’avait pas tardé à éclater dans la tête de la marchombre. Il était peu probable que l’attaque soit motivée par des intentions lubriques, puisque deux femmes étaient présentes, et que plusieurs marchands avaient dégainé leurs armes.

Donc… Asmah. Un rapide coup d’œil à son amie marchombre suffit à éclaircir toute l’histoire. Celle-ci arborait un sourire éclatant, un sourire qui sur cette fille déjantée était synonyme d’ennuis… Saëlina eut un léger mouvement de tête, mimant un « non » qui voulait dire « dans quoi s’est-elle encore fourrée ? » Heureusement, les agresseurs n’avaient pas l’air singulièrement malins ni habiles, mais tout pouvait mal finir si tous décochaient leur flèche en même temps. Une des filles pourrait être touchée et ce serait beaucoup moins drôle que ce que le sourire de la fantasque Asmah suggérait !

Tandis que la conversation mettait les assaillants à bout de nerfs, Saëlina chercha le regard de Kahyra, histoire de voir comment celle-ci réagissait. Arc en main, la concentration se lisait dans ses yeux. Elle serait prête à tirer au moindre danger. Mais pourrait-elle éviter plusieurs flèches décochées à moins de dix mètres de distance ?
L’œil à nouveau fixé sur le groupe qui leur faisait face, Saëlina caressa lentement le manche de ses poignards. Mais attaquer serait la pire des erreurs. Il fallait que l’ennemi renonce à utiliser les arcs.

Je ne suis pas d'accord avec lui, bien que je vous aurais expliqué volontiers ce qui nous arrive.

Ce fut la phrase de trop. Le porte-parole des agresseurs se tourna vers ses compagnons, le regard noir. Il bougea légèrement la main…

« ARRETEZ ! » Il fallait bien faire quelque chose. Se demandant ce qu’elle était en train de faire, Saëlina reprit vite la parole, voyant que le chef s’était tourné vers elle. « Enfin messieurs… Et mesdames… Tout cela est ridicule ! Vous n’allez tout de même pas attaquer mon amie alors qu’elle n’a aucun moyen de se défendre face à vous tous… » Mauvaise idée. Les traits de l’homme qui lui faisait face se tordirent en un rictus haineux.
« Tu crois qu’elle a elle a eu des scrupules ta copine, quand elle nous a donné en pâture aux tigres des prairies ? » La marchombre fit la grimace. Décidément, mieux valait être l’amie d’Asmah !

Un autre homme, le visage marqué de cicatrices, émit un rire glauque et cracha par terre. « J’vais m’faire une joie d’vous étriper, on verra si elle aura toujours envie d’sourire la garce ! »
Il lâcha son arc et dégaina un énorme couteau de boucherie, qu’il fit passer d’une main à l’autre avec un sourire torve. Les femmes ricanèrent, oubliant de se concentrer sur la faëlle qui pouvait les abattre toutes les deux en un clin d’œil.

Barbares mais stupides. Saëlina feinta la peur. Elle leur donnait ce qu’ils voulaient et ils oubliaient toute méfiance.
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Kahyra Fenhago
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MessageSujet: Re: Petite promenade entre amies   2011-12-29, 04:24

« Nous sommes venus te tuer, Asmah, pour nous avoir trahi ! »
La remarque tira un sourire à Kahyra, qui avait toujours eu des sentiments négatifs envers ce genre de phrase ; de pauvres menaces promises par celui qui a été blessé. Quel était le but d’annoncer stupidement ce que l’on va faire ? Ces affirmations ridicules lui faisaient toujours penser aux histoires qu’elles entendaient étant plus petite, où l’homme recherchant la vengeance annonçait qu’il s’apprêtait à se venger avant de mettre en marche la vengeance. Ou de tenter de la mettre en marche, dans ce cas-ci. Car Kahyra connaissait bien les capacités extraordinaires de ses deux amies marchombres, elle savait qu’elles n’allaient pas se laisser intimider sans riposter. Non, Asmah serait toujours en vie dans deux minutes, dans dix minutes et même le lendemain, mon pauvre petit bonhomme, songea la faëlle.
Les répliques que lançaient Asmah fit rire la jeune femme, non pas de sadisme mais plutôt de vérité, de realness. Ces personnes étaient ridicules, elles cherchaient à provoquer la peur chez les trois amies –ce qui expliquait la flèche tirée à leur pieds.
Comme pour prouver sa pensée, Kahyra vit trois nouvelles flèches quitter l’arc. Elle ne bougea pas ; les tirs étaient calculés et si elle faisait de même, la faëlle conclu en une demi-seconde qu’elles allaient suivre le point d’arrivée de leur prédécesseur. En effet, les carreaux se fichèrent à leur pied.

La jeune femme évalua leurs adversaires potentiels, tentant d’être objective. Ils étaient cinq, c’était leur désavantage face à eux. Ils semblaient habiles mais malgré cela, en manque de confiance. Les cinq en voulaient-ils tous à Asmah où s’étaient-ils arrangés pour être nombreux afin de s’assurer une victoire ?
Kahyra avait son arc à la main, prête à réagir. Elle voyait bien que chez les adversaires la distance qui se raccourcissait les gênait pour tirer des flèches. Ce n’était pas le cas de la faëlle. Dans son pays on avait le temps de tirer trois flèches sur trois hommes arrivant vers soi en courant si on était à quatre mètres d’eux. C’était l’entraînement qu’elle suivait depuis qu’elle était enfant.
Autour d’elle, Farël et les autres s’agitaient.


-Je ne suis pas d’accord avec lui, leur dit Asmah, bien que je vous aurais expliqué volontiers ce qui nous arrive.

Kahyra sourit, car à ce sujet elle se serait bien mise d’accord avec le dénommé Farël, concernant la folie d’Asmah. Mais la faëlle avait une interprétation différente de ce mot ; car dans un monde fou celui qui est dit fou n’est-il pas sage ? Un cri de Saëlina interrompit ses pensées ; « Arrêtez ! »

À mesure que Saëlina développait sa ruse pour les tromper, Kahyra était de plus en plus agacée par les cinq imbéciles, lâches et ridicules. Elle hésitait à joindre le jeu que jouait son amie car même si le porte-parole et ses quatre moutons croyaient à leur vulnérabilité, ils ne croiraient pas à celle d’Asmah et voudront quand même sa peau. De plus, il était trop tard pour jouer aux intimidateurs à leur tour car les cinq nouveaux venus croyaient à présent que les trois femmes ressemblaient plutôt à des proies qu'à des prédatrices. Cela ne laissait à la faëlle que deux options : attendre et combattre, ou combattre.

Dans le marché, les marchands s’étaient tous volatilisés, constatant que ce qui ce déroulait était une altercation beaucoup plus privée qu’un vol général ; ils feraient mieux de ne pas y prendre part.


-J’vais m’faire une joie d’vous étriper, on verra si elle aura toujours envie d’sourire la garce !

Ce fût la phrase de trop ; encore ces déclarations ridicules. « Barbares mais stupides », Kahyra était d’accord avec Saëlina. Étant donné que Kahyra avait une grande estime pour le temps, elle choisi la deuxième option. La ruse de son amie allait leur être utile.

-Ok, les clowns, c’est assez, déclara la faëlle. J’en ai assez de vous entendre faire des promesses ridicules. Vous voulez vous vengez, allez-y. Mais ne pensez pas une seconde que vous allez intimider qui que ce soit avec ces airs de mioches pleurnicheurs.

Puis, sans attendre, elle laissa la liberté à son bras d’agir comme il le voulait depuis cinq minutes, alors que ses amies s’activaient.
Sa première flèche atteint, tout près de la hanche, la sangle qui retenait le carquois de la femme qui avait tiré les flèches. Le carquois tomba par terre un mètre derrière elle, entraîné par la vitesse de l’arme ; la femme se retrouva avec un arc sans flèche qu’elle abandonna pour ses poignards. La plus grande menace immédiate était éliminée.
La deuxième, tirée avec beaucoup moins de force, atteint un des hommes à la cuisse, l’immobilisant le temps que les trois amies s’occupent des autres.
La troisième flèche cloua violemment l’homme qui balançait son couteau de boucherie à une table de marchand. Le carreau affûté avait transpercé l’épais vêtement de ses pantalons au niveau de l’entrejambes, sans toutefois atteindre un organe quelconque, l’immobilisant rien qu’un instant pour que Saëlina puisse s’occuper de lui plus rapidement.
Tout s’était produit en moins de trois secondes.
Elle ne toucha pas au porte-parole, devinant qu’Asmah se ferait un plaisir de s’en occuper. Puis elle s’ouvrit à la femme enragée qui l’assassinait de son regard.

Blesser, ne pas tuer.

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Petite promenade entre amies
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