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 [PV Kahyra] Sur la longue, longue plaine...

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Envol
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MessageSujet: [PV Kahyra] Sur la longue, longue plaine...   2013-03-20, 03:25

De l'herbe, de l'herbe, et encore de l'herbe.
Envol avait toujours eu un don pour choisir ses destinations de ballade. Peu importe de quel côté il tenait la carte, il aboutissait toujours dans une étendue désertique. Sable, terre, pierre, il ne manquait plus que de l'herbe !
Et pas qu'un peu.
C'était bien une monstrueuse langue verte qui s'étendait dans toutes les directions, jusqu'entre ses doigts de pied. A n'importe quel moment l'horrible bête allait refermer sa gueule, et il se retrouverait broyé dans un fracas de pâquerettes et de verdures en tous genres. Du moins cela apporterait un peu d'animation, pensait-il. Il marchait depuis plusieurs jours et n'avait rencontré âme qui vive, à part quelques coccinelles à qui il avait parlé de la pluie et du beau temps, lorsque l'alcool commençait à être aussi présent que la monotonie. Il n'était certes pas contre un peu de quiétude et de méditation, mais une bonne bière fraîchement tirée par une serveuse bourrue et odieuse dans un établissement insalubre n'aurait pas été pour lui déplaire. Cela faisait un bon moment qu'Envol avait quitté Al-Vor, avec l'idée de se guider grâce à la direction du vent. En effet, un homme au nez cramoisi lui avait parlé de cette technique ancestrale, inventée, si il s'en souvenait bien, par l'arrière arrière grand mère d'une tante éloignée, qui menait toujours à bon port. Ou presque.
Il s'était donc mit à se demander si il ne tournait pas quelque peu en rond, et l'absence totale de repère à l'horizon aggravait quelque peu la situation. Les vivres commençaient à manquer, mais il y avait bien pire dans tout ça.
L'ALCOOL.
L'Homme avait survécu aux disettes, aux famines et aux pénuries.
Envol ne pouvait se résoudre à vivre avec une bouteille pleine de vide.
Jetant sa sacoche à terre, il pesta contre lui même et s'assit. En quelques mouvements, il déboucha sa bouteille et la porta à ses lèvres. L'alcool brun lui chauffa la gorge et lui extirpa un soupir de plaisir. Il s'allongea et entreprit de regarder les nuages défiler, serein. Sa respiration se calma peu à peu, se ralentissant et s'allongeant à la fois. Il ferma les yeux, et d'une roulade arrière se retrouva sur ses pieds.
La mélodie du vent fouettant la plaine l'accompagna quand il se mit à danser, défiant avec insolence le calme de l'immensité verte. Virevoltant, se jouant de la gravité, le jeune homme entrait de nouveau dans une transe qui lui était propre. Un pas après l'autre, son univers se tissait, alors que toute réalité semblait prête à s'estomper. Un tour, un saut, un autre tour, et un plaisir croissant. C'était sa façon d'embrasser la liberté, de la laisser entrer en lui et le faire frissonner à chaque fois que son corps fendait l'air. De ce spectacle se dégageait un mélange de puissance et d'harmonie qui pouvait rester gravé dans le cœur de l'homme le plus maussade. Son corps se tendit une fois de plus vers le ciel.
Enfin soulagé, il finit une vrille en se laissant glisser au sol, et s'agenouilla. Envol perdit son regard dans le lointain, et profita d'un rayon de soleil sur son torse nu.
Vivant.

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Kahyra Fenhago
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MessageSujet: Re: [PV Kahyra] Sur la longue, longue plaine...   2013-04-17, 07:02

Un Bref préambule; Kahyra Fenhago réintègre Gwendalavir.

Kahyra s’interpose entre les rayons du soleil et un rongeur qui dort contre un petit rocher, face à l’éclat de la puissante étoile. La jeune femme sort sa gourde du sac qu’elle porte à son dos et boit une longue rasade. Réveillé par l’absence soudaine de chaleur, le rongeur s’ébroue, puis s’échappe parmi les longs brins d’herbes des plaines. Invisible sous la densité de la végétation, solitaire et animal.
La Faëlle marche depuis qu’elle a quitté les siens, ayant laissé sa fidèle jument chez un ami de confiance à Al-Vor. Le voyage est plus long, certes, mais cela ne la dérange pas. Au contraire, elle y prend goût, n’hésitant pas à s’arrêter fréquemment ou à faire maints détours. Le paysage est vaste et, anonyme note dans la mélodie de la nature, elle s’y perd. Elle repose sa gourde dans son sac, repousse son carquois entre ses omoplates. Un filet de sueur coule dans son dos. Se retournant vers l’ouest, elle tente de calculer la distance qui la sépare à présent des bois de son enfance.



Deux semaines.
Deux semaines déjà s’étaient écoulées depuis qu’elle s’était détachée de la forêt Baraïl. Depuis qu’elle avait été régurgitée sur les Collines de Taj. Kahyra avait toujours eu cette impression, bien malgré elle, lorsqu’elle quittait son peuple pour celui des Hommes. Les vieux préjugés, définis par des siècles d’existence, que les Faëls tenaient envers les humains lui revenaient inlassablement lorsqu’elle retrouvait son pays d’origine. Il lui venait souvent en tête que ce sentiment de supériorité ressentit à l’égard des habitants de l’Empire pouvait se justifier. Quel était le raisonnement, après tout, derrière l’idée d’introduire la monnaie dans les échanges, puis, plus important encore, derrière celle qui poussait les humains à se battre entre eux ? Préjugés qui refluaient lorsque Kahyra contemplait de face la Vérité, réduit à l’aberration face à sa force. Elle savait bien qu’un Faël n’était en rien supérieur à un humain, et que ces pensées qui dominaient son peuple étaient bien superficielles.

La forêt, donc, l’avait régurgité sur les collines vertes à l’ouest des Dentelles Vives. Cette fois-ci, la jeune errante avait choisi de traverser la forêt sous ses couverts, au lieu de suivre la rivière que la ville Illuin attirait sur quelques kilomètres, avant de la repousser au sud. La rivière, d’ailleurs, que Kahyra longeait à présent à distance. Au loin au Nord, elle s’imaginait la masse de la forêt Ombreuse, en se demandant une fois de plus si la forêt Baraïl et celle d’Ombreuse avaient un jour été unies.

Elle ne savait pas tout à fait ou elle en était rendue dans son voyage. À vrai dire, la jeune femme avait erré sans vraiment tenter de se repérer, sans but immédiat autre que de survivre. Elle flottait dans un moment d’apesanteur, de pure et simple nomadisme. Son seul point de repère se situait dans le fait que sa jument était à Al-Vor. Le reste n’était que possibles.

L’après-midi s’entama. Kahyra mangea ce qui lui restait d’un animal qu’elle avait abattu puis séché au soleil quelques jours plus tôt. À moins que ce n’eut été qu’hier ? À mesure qu’elle grimpait et descendait les collines, son regard faël perçut un mouvement étrange un peu plus au nord. Intriguée, elle changea de cap et décida d’aller voir de plus près. Son alter ego de chasseuse impitoyable, aiguisé par les derniers jours d’isolation et de vie sauvage, se demanda si c’était un animal et si c’était comestible. Elle calcula l’angle et la force requise pour abattre d’une flèche l’ombre ambulante.
Puis, la jeune femme compta quatre membres qui étaient rattachés à ce qui devait être un corps. Un homme.

Dansait-il ?

Un vent lui apporta le rythme de la mélodie silencieuse à laquelle les mouvements de l’homme se calquaient. Maître de son corps et de ses possibles harmonieux, il traçait une histoire au-delà des hautes herbes qui ondulaient, captifs du vent. Kahyra y saisit un reflet de liberté. Elle perdit le danseur de vue quelques minutes, descendant une colline qui le rendait invisible, et se demanda s’il n’allait pas se dissiper dans la verdure. Ce ne fut pas le cas ; elle atteint le sommet de la colline suivante et le découvrit tout près, à genoux, pensif.
Son humanité, qu’elle avait quelque peu égarée, écrasée par les instincts et les nécessités fondamentales de la vie, lui revint d’un coup. Kahyra déposa son arc et son carquois dans l’herbe. Elle sourit, enchantée de retrouver dans un tel endroit un autre être de son espèce, ou presque, et s’assit à côté de lui.


L’existence de l’un dépend de sa reconnaissance de l’existence de l’autre.

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MessageSujet: Re: [PV Kahyra] Sur la longue, longue plaine...   2013-04-19, 02:20

Chacun de ses sens étaient en éveil. La beauté du moment le transportait, comme à chaque fois qu'il revenait du monde fantastique qui enfermait son art.
Envol avait toujours été un passionné. Il était de ces gens qui s'émerveillaient pour tout et pour rien, qui respiraient l'optimisme et qui trouvaient la joie dans de petites choses. Il arrivait donc souvent que cela fausse l'ordre de ses priorités, surtout quand il avait bu, et que certaines choses anodines prennent le dessus sur des évènements importants.
A ce moment précis, il lui paraissait complètement invraisemblable que cette jolie coccinelle avec une petite tâche orange soit venue se poser sur son doigt. Bien plus que le fait qu'une personne venait de s'asseoir près de lui dans ce lieu aussi peuplé qu'un volcan. Après tout, on croisait plus de gens dans sa vie que de coccinelles, non ?
Le vent s'était apaisé en même temps que les cabrioles du danseur, et il ne faisait maintenant plus que caresser l'herbe de la plaine, qui s'agitait au même rythme que les mèches d'Envol. La plaine se mouvait, on la voyait inspirer à chaque fois que la brise venait à sa rencontre. En tendant l'oreille, on percevait son doux sifflement, qui berçait l'instant et entraînait le jeune homme dans un calme profond. C'était un soulagement d'être à la fois si loin de tout et si près de l'essentiel. Si seul.

Seul, ou presque ?

Il est vrai qu'en principe, quand une personne arrive de la sorte, on est sensé être étonné. Ou la saluer. Ou quelque chose du genre.
Il n'allait pas lui serrer la main de toute façon, la place était prise.
Par une jolie coccinelle avec une petite tâche orange.

-Je ne pourrai jamais me plier aux convenances si tu ne me rends pas ma main, tu le sais, ça ?

Dépliant ses ailes, l'insecte s'envola.

-Merci.

En plongeant son regard dans celui de son visiteur, il y nota la même teinte verte que celui de cette plaine qu'il arpentait depuis des jours. On y ressentait la liberté.
Il eut un frisson.
Ses cheveux d'un brun très foncé jouait avec les nuances hâlées de sa peau.
Faëlle.
Peu commun !

Tendant la main pour la saluer, il lui sourit :

-Moi, c'est Envol !

Flottant paresseusement sur un courant descendant, une petite chose vint se poser sur la main de l'étrangère.
Une jolie coccinelle. Avec une petite tâche orange.
Décidément, cette journée était pleine de rencontres.

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MessageSujet: Re: [PV Kahyra] Sur la longue, longue plaine...   2013-04-24, 05:47

-Je ne pourrai jamais me plier aux convenances si tu ne me rends pas ma main, tu le sais, ça ?

Kahyra observa la petite bestiole se poser entre son index et son majeur. Elle sentit à peine le poids de la coccinelle alors que cette dernière rétractait ses ailes et se posait sur sa peau. « Toi aussi, tu contiens l’apesanteur et tu survis du nomadisme » se dit-elle.
Quelquefois, la Faëlle trouvait qu’elle était trop captivée par l’évident et l’imposant. Les falaises des Dentelles Vives, terrain de jeu pour son peuple. Le coureur qui traversait son champ de vision, qu’elle abattait d’une flèche dans l’œil. Elle oubliait, trop souvent, qu’à l’inverse de l’infiniment grand, il existait aussi l’infiniment petit. Le monde, extrêmement complexe et diversifié des insectes faisait partie de cela. « Il y a une tache orange sur l’aile de la coccinelle. » Si l’on renversait sa perspective, cette toute petite tache pouvait être aussi marquante que l’angle de la falaise aux yeux de celui qui grimpe.




-Moi, c’est Envol !

La jeune femme sourit au danseur quand l’insecte se posa sur sa main. La petite coccinelle venait de tisser un premier lien entre les deux êtres. Ils demeurèrent ainsi un moment, silencieux et captivés, les yeux fixés sur elle. Kahyra ne voulait pas la chasser. Étrange puisqu’elle abattait régulièrement des animaux sans y réfléchir deux fois. Puisqu’elle écrasait sans doute quotidiennement des quantités de bestioles sous ses pieds sans s’en rendre compte. Puisque, généralement, elle ne se préoccupait guère des insectes. Mais dans ce moment de silence, où le paysage ondulait par ses collines et ses longs brins d’herbes agités, cette coccinelle était le centre de son univers.
Comme si celle-ci avait attendu que la Faëlle atteigne cette prise de conscience avant de se retirer, elle s’envola. S’évanouit dans le vaste, vaste ciel. Kahyra reprit ses esprits et retourna son regard et son sourire à son interlocuteur. Elle lui tendit sa main et serra la sienne. Elle était chaude, tout comme l’aura qui émanait de lui.

-Et moi Kahyra.

La jeune femme se mit de face au soleil et croisa les jambes devant elle.

-On s’éloigne un peu de la civilisation pour respirer l’air frais ?

Humour Faël. Ce peuple avait appris à vivre au sein de leur environnement ; un étranger pouvait traverser un village faël au centre de la forêt Baraïl sans s’en rendre compte. Les Faëls aimaient faire remarquer aux humains à quel point ils avaient changé le paysage. Et, pour certains, à quel point ils avaient fait obstacle à la nature. Ce n’était pourtant pas cela que Kahyra insinuait par sa remarque. Elle soulevait plutôt l’absurdité de trouver un autre être solitaire en train de se balader dans le spacieux labyrinthe des collines de Taj.
Elle jeta un coup d’œil à sa gauche et observa le dénommé Envol. Il était grand et finement musclé, mais elle ne voyait pas d’arme parmi ses possessions. Manifestement, il voyageait seul. Comment, donc, se défendait-il des dangers imprévisibles de la région ? Les Collines de Taj. Si l’on se fiait au paysage calme et illuminé qui s’étalait devant eux, la coccinelle semblait bien être la chose la plus dangereuse qu’avait à offrir le côté obscur de l’endroit. Peut-être la Faëlle exagérait-elle les dangers de la nature ? Ou peut-être Envol savait-il comment les détourner, comme la Faëlle l’avait appris. D’ailleurs, l’alcool qu’elle sentait dans l’air et l’allégresse avec laquelle il avait dansé ne semblait pas indiquer qu’il craignait quoi que ce soit parmi ces collines.

Un vent se leva à nouveau, venant du sud. Kahyra se demanda s’il provenait du Grand Océan, qu’elle n’avait pas vu depuis trop longtemps à son goût. Toutefois l'odeur que la lourde brise apporta était celle de milles brins d’herbes qui sèchent au soleil et non pas celle du sel énigmatique de la mer.

-Je t’ai vu danser, dit-elle.

Le ton était neutre ; Envol pouvait interpréter la remarque comme un simple constat ou comme une invitation à en dire plus. Il pouvait garder le sujet clos ou en ouvrir la voie sur un autre ; ou simplement se lever, lui sourire, et s’en aller. Et malgré le fait qu'elle trouvait intéressant à la fois la rencontre et le jeune homme, peu importait à Kahyra ce qu'il choisissait de faire de sa remarque. Car en ce moment presque onirique, tout n’était que Liberté.

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MessageSujet: Re: [PV Kahyra] Sur la longue, longue plaine...   2013-05-02, 17:45

Disons plutôt que je m'éloigne de la civilisation pour danser dans l'air frais !

Quelle charmante rencontre !
Il semblait que cette Kahyra était aussi fine d'esprit que de corps.
Lorsqu'ils s'étaient serrés la main, il avait eu l'impression de toucher une feuille de noisetier, tant elle était douce et frêle. C'était là toute la magie Faëlle ! Ce peuple était composé de redoutables archers et de prodiges de l'escalade, mais on ne percevait pas un cal sur leurs doigts effilés. Contrairement à l'Homme, ils avaient su rester au plus proche de la Nature, conservant à la fois une grâce sauvage et une prestance bestiale. On le ressentait d'ailleurs particulièrement dans le regard de son interlocutrice, qu'Envol savait parfaitement capable d’abattre une cible à des mètres de là. Il ne l'aurait à aucun moment sous-estimé, non, mais il n'émanait d'elle aucune intention négative, rien que de la quiétude et de l'enthousiasme. Ses gestes étaient légers mais déterminés. Cette jeune femme n'était décidément pas n'importe qui !
Le fait qu'elle l'ait vu danser lui faisait plaisir. Non pas qu'il se demandait si cela lui avait plu ou non, il était seulement heureux qu'une étrangère soit entrée dans son monde pour un bref instant. Comme si elle avait ouvert le livre de sa vie et en avait lu un court extrait.
Ou qu'elle avait bu une gorgée dans sa bouteille.
Se levant, il cacha le soleil qui l'aveuglait de sa main, et observa le paysage. La vie était faite d'instants comme ceux-ci. Envol ne croyait pas au destin, ou à toutes ces choses relatives à la suprématie de Dieux diverses et variés, mais il aimait se laisser aller à penser qu'une bonne étoile avait choisi qu'il ne passerait pas cette journée ensoleillée tout seul. Voilà que de la solitude la plus profonde, il était passé au partage d'un moment de calme au beau milieu d'un des endroits les plus isolés qui soit.
Le vent ne s'affaiblissait pas, au contraire. Il continuait de charrier de plus en plus de ses secrets et de ses murmures, sifflant aux oreilles du jeune homme et balayant continuellement la scène. Son pantalon bouffant s'agitait tel un drapeau dans les bourrasques, qui contrastait avec son immobilité. A quoi bon partir d'ici ? Encore lui aurait-il fallut une raison, mais il ne savait où aller !
La Nature est certes capricieuse, mais il arrive qu'elle accorde sa bonté à la curiosité incessante de l'Homme. Envol sentit une petite caresse sur son épaule, et il tourna la tête. Le pétale rose d'un cerisier tentait vainement de continuer sa route, qu'Envol avait inconsciemment obstrué. Ce dernier le captura délicatement entre ses deux doigts et l'observa à la lumière. Il était d'une belle couleur rosée, et était légèrement déchiré sur sa longueur. Furtivement, il s'extirpa grâce à une brise qui fila entre les doigts du danseur et reprit son chemin. Envol fût soudainement interloqué et tourna la tête vers l'horizon.
A quel arbre ce pétale appartenait-il ? Il n'en avait croisé strictement aucun sur son chemin, et n'en distinguait pas au loin. A ce moment précis, il discerna quelque chose qui s'approchait à grande vitesse : une tâche de la même couleur que le pétale, qui s'agrandissait de plus en plus.
Sous ses yeux étonnés et captivés en filèrent une centaine d'autres, se suivant en ligne et dansant avec le vent, dans la même direction que le précédent. Ce ballet était aussi magnifique qu'étrange, car il semblait attiré par une destination bien précise et avait l'air de sortir de nul part. Et cela, c'est ce qu'il appelait une raison de bouger. Attrapant son sac d'une main rapide, il se mit à courir à la suite de la procession florale. Après quelques mètres, il se retourna et regarda la jeune Faëlle.

Invitation.

Il reprit sa course.

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MessageSujet: Re: [PV Kahyra] Sur la longue, longue plaine...   2013-05-07, 20:29

-Disons plutôt que je m'éloigne de la civilisation pour danser dans l'air frais !

Kahyra acquiesa, appréciant le fait que le jeune homme ait sa façon propre à lui de se reconnecter à ce qu’il était vraiment. Danser. Elle n’avait jamais vraiment pensé au fait que danser pouvait être une façon de s’exprimer.

Envol se leva d’un mouvement fluide et, la main en visière, contempla les collines. Kahyra jeta un coup à la ronde et, excepté quelques arbres solitaires, le tableau était une mosaïque fluide que le vent redessinait sans cesse. Un vent qui, d’ailleurs, continuait de gagner en force. Kahyra se demanda si un orage se préparait. Un regard vers le haut lui indiqua que ce n’était pas le cas ; le firmament était bleu de toutes parts.

Le jeune homme observait toujours l’horizon et Kahyra se dit qu’il cherchait peut-être un endroit où aller. Les souffles du vent étaient d’une telle force qu’ils donnaient, en effet, l’envie de se laisser emporter. Comme pour illustrer l’envie qui s’était manifestée en Kahyra, un pétale au limbe rosé se plaqua contre le dos d’Envol qui l’empêchait de poursuivre sa course. Un autre l’aurait balayé négligemment, mais le jeune homme le retira doucement de là où il avait été piégé. Peut-être était-ce ce paysage, les collines ondulantes à pertes de vues, qui faisait que l’on ne pouvait déprécier l’arrivée d’un joli pétale rose. Ce dernier s’échappa et repris sa danse dans le vent. Alors que la faëlle regardait la tache rose devenir de plus en plus petite, jusqu’à ce que, même à ses yeux de faël, elle se noyait dans le ciel bleu, Envol, lui, étudiait l’autre direction. Les sourcils froncés, ses courts cheveux noirs fouettés par le vent. Se demandait-il d’où provenait le pétale ? La jeune errante se souvenait d’avoir vu des arbres avec des pétales comme celui qui était si rapidement disparu de son champ de vision. Elle les avait vus à Ondiane. Cela lui paraissait bien improbable que les pétales eut traversé une si grande distance, mais en reconnaissant la force des brises qui balayaient le paysage, elle se dit que ce n’était pas impossible.

Puis une exclamation de surprise s’échappa de la faëlle. Une quantité ahurissante de ces mêmes pétales cheminaient rapidement au dessus des collines. Ils avaient surgit derrière eux, l’endroit qui avait captivé l’attention du danseur. Kahyra fut subjuguée par l’illusion; on aurait dit que le vent n’était plus, que ces taches roses se mouvaient toutes seules. Les centaines pétales, se propulsaient d’un seul mouvement, comme s’ils avaient qu’une volonté. Synchronisés, ils se soulevaient, puis retombaient fluidement, zigzaguant, défilant devant eux. Un énorme oiseau rosé qui les survolait. Kahyra se leva, un sourire presque enfantin sur son visage. Reflet de son sourire, Envol se mit à courir à la suite des pétales.
Kahyra éclata de rire. Elle détacha ses yeux de la masse ambulante puis regarda derrière elle, déchirée par l’envie de savoir d’où elle provenait, et par la difficulté que représentait la laisser disparaître dans le vent. La faëlle refoula la première alors qu’Envol interrompait sa course pour l’inviter d’un regard à se joindre à lui. Il reprit son chemin, et elle rit à nouveau.

Elle cala son carquois entre ses épaules, puis son arc.
Inspiration.
Se glissant dans se vent, elle y puisa sa force et s’élança à la suite d’Envol.

Kahyra le rejoint en quelques secondes. Comme deux enfants, ils dévalèrent les collines, les yeux émerveillés guettant à la fois les bifurcations de leur cible et le sol inégal devant eux. Combien de collines franchirent-ils ? Dans quelle direction couraient-ils ? Pendant combien de temps ? La Faëlle n’en avait aucune idée. Elle avait l’impression, dangereusement vraisemblable, qu’elle était un pétale rose parmi les autres. Que, en cet instant contingent, l’unique but de son existence était de suivre la silhouette rose dans le ciel.

Puis, une rafale puissante surgit dans leur dos.
Les pétales furent brusquement balayés vers l’avant, tourbillonnant farouchement. Dispersés. Kahyra arrêta sa course, tituba, bousculée par la bourrasque, puis reprit son équilibre. Aussi vite que l’oiseau de pétales avait été conquis par un vent plus fort, la réalité lui revint. Envol et elle n’avaient plus aucune chance de les rattraper ; ils étaient charriés à mille à l’heure.

Puis, très loin devant eux, les pétales disparurent dans la masse noire de la forêt Ombreuse.
Kahyra jeta un regard à Envol, abasourdie.


“Autant en emporte le vent”

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MessageSujet: Re: [PV Kahyra] Sur la longue, longue plaine...   2013-05-25, 02:02

Il parcourait la plaine avec la jeune femme à une vitesse folle, aussi passionné par le nuage rosé qu'ils poursuivaient que par les sensations que lui apportait cette course. Chacun de ses pas battait le sol, lui laissant pendant une infime seconde le picotement de l'herbe chauffée par le soleil sur la plante de ses pieds, chacune de ses respirations lui apportait une bouffée d'air pur qui le vivifiait. Galvanisé par la folie du moment, il oscillait entre l'envie d'éclater de rire et de hurler le bien-être qu'il ressentait. Rien n'apportait plus de plaisir à Envol que ces instants en parallèle de toute réalité, où il se sentait cœur d'un tourbillon d'extase, d'émotion et de pensées inconscientes.
Les pétales se détachaient sur le bleu profond du ciel et semblaient graviter autour d'un même axe, ne se détachant jamais de la masse. Le jeune homme eu l'impression furtive que filait devant lui de gracieuses et minuscules danseuses colorées, suivant avec élégance et précision une chorégraphie orchestrée de la façon la plus exacte. Une, deux, trois, quatre...
Ces Dames se courbèrent et repartirent dans un tourbillon empreint de majesté.
Une, deux...
Une rafale brisa l'imagination, projetant Envol vers l'avant qui réussit à se stabiliser in extremis.
Au loin, ses amies végétales se fondirent dans la bordure noire que formait la forêt, créant un magnifique contraste en pénétrant dans les ténèbres de l'endroit.
La forêt d'Ombreuse.

Ce genre de lieux lugubres n'étaient pas vraiment à son goût. Non pas qu'il craignait les racontars de bonne femme et de pseudo aventuriers qui se faisaient entendre sur ce lieu désert de population, mais il n'aimait pas la sensation d'être coupé du monde par la noirceur d'un fouillis de branches remplit de ronces. La moindre pensée chaleureuse paraissait incompatible avec ces arbres que l'on voyait d'ici étendre leurs doigts crochus vers le ciel, telle une foule de démons qui se ferait un plaisir de dévorer deux jeunes inconscients.

Cette vision stoppa l'enthousiasme dont avait fait part Envol un peu plus tôt, mais ne réfréna pas sa curiosité pour autant. Il n'aurait pas pu dormir pendant des jours sans savoir d'où venait ces pétales et surtout, où ils avaient fini leur course. A une allure modéré, il se mit à marcher en direction de la forêt, observant les arbres millénaires qui en gardaient l'accès grandir à mesure qu'il approchait. Il percevait le souffle léger de Kahyra qui le suivait, et il se demanda si cet évènement et cette rencontre n'était pas deux éléments d'une trame qui se déroulait à leur insu, les menant vers un dénouement dont ni l'un ni l'autre ne pouvait se douter. Il avait cette impression étrange d'être un pion sur un grand échiquier, victime d'une machination et d'un calcul froid et espiègle. Que quelque part, on les observait avec de mauvaises intentions. C'était certes une réaction tout à fait paranoïaque, mais le danseur avait toujours prêté écoute à ce que pouvait lui souffler son instinct, que ce soit en bien ou en mal. Et le trouble qu'il ressentait se faisait de plus en plus présent, au point qu'il ne remarqua qu'il se mordait la lèvre qu'au moment où elle se mit à saigner.

Nerveux, il pressa le pas jusqu'à arriver dans l'ombre que formait le premier arbre de la forêt. Il n'entendait et ne voyait rien d'étrange, mais l'alarme d'un danger imminent continuait de résonner en lui. Il c'était trouvé dans tant de situations risquées qu'il avait appris à détecter les coups fourrés, mais à ce moment, tout paraissait parfaitement calme. Si ce n'était ce stress qui lui tordait le ventre et qu'il n'arrivait pas à déloger. Tournant la tête vers Kahyra, qui elle n'avait pas accéléré et marchait toujours vers lui, il lut dans son expression un mélange de surprise et de panique. Elle ouvrit la bouche à la seconde exacte où il y eut un bruissement derrière lui.

Trop tard.

Il sentit un choc derrière sa nuque, et tout devint noir.

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Kahyra Fenhago
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MessageSujet: Re: [PV Kahyra] Sur la longue, longue plaine...   2013-06-05, 22:01

L’obscurité de la forêt avait happée le rose flamboyant des pétales; ce rose qui, une minute plus tôt, avait dansé avec le bleu du ciel, le blanc éclatant des nuages. À présent, il y avait si peu de couleurs. Peut-être cela s’expliquait-il par le fait que, dans cette forêt, l’inconscient se croyait trop menacé pour donner de la beauté au monde, pour s’inventer des couleurs et des contrastes; il recouvrait tout d’un drap d’ombre qui reflétait son état d’esprit. La forêt Ombreuse : réel danger ou illusions ? Kahyra avait cru trouver la réponse à cette énigme, le jour où elle était entrée dans cette masse sombre, puis ressortie, sans n’avoir vu de choses anormalement dangereuses. Des brûleurs, des tigres, parfois, des ours élastiques. Mortellement dangereux, certes, mais on les trouvait aussi dans les plateaux d’Astariul. Tout comme on trouvait dans Gwendalavir des goules, des raïs, des mercenaires du chaos, des meurtriers. La faëlle avait cru que ces arbres aux branches tordues, dont certains racontaient en tremblants des histoires terrifiantes, édifiaient un endroit qui finalement, avait comme les autres son assortiment de dangers. Les pétales, avalés par la noirceur, lui donnèrent l’impression, ferme, qu’elle avait eu tort.


Envol avançait à longues foulées sur les collines, ultime relief qui, dans la masse condensée des hauts arbres dépenaillés d’Ombreuse, devenaient insignifiantes.
Kahyra devina le jeune homme nerveux; de nouveaux gestes fugaces secouaient son corps de mouvements imperceptibles. Renforcie par le sentiment qui s’était tantôt formé en elle, la nervosité de son compagnon la gagna. Ils marchèrent un long moment puis, enfin, Envol pris le pas qui l’emportait ailleurs; de l’autre côté du rideau d’ombre. Il s’était considérablement éloignée d’elle, mais jusqu’à ce pas particulier, la jeune femme ne s’en était pas inquiétée. Désormais, il lui semblait presque inaccessible. Emprise d’une impression des plus primitives, elle accéléra le pas, se dégageant de la raison qui lui lançait une remarque amusée. En était-elle venue à craindre une forêt ? Et même avec cette crainte qui les habitaient tous les deux, cet instinct qui leur soufflait de faire demi-tour, allaient-ils réellement continuer leur avancée ?
Les pétales. Malgré le fait que la myriade de pétales se soit enfouie dans l’ombre depuis déjà un long moment, les deux jeunes gens étaient encore sous son emprise hypnotique.

Deux yeux glanèrent la lumière d’un rayon intrépide à l’orée de la forêt. Lueurs blanches. Alors que les yeux scintillaient doucement devant lui, Envol se retourna. Kahyra vit à peine son regard. Non, elle ne le vit pas. Elle fixait les yeux qui s’étaient rétrécit, les dents blanches qui étaient apparues, sans doute révélées par une lèvre retroussée. Paralysés, Envol n’entendit pas la femme qui était apparue derrière lui, Kahyra n’encocha pas une flèche mortelle. Elle ouvrit la bouche, voulu lancer un cri d’alerte. La femme avait bougé avec une rapidité qui lui parut surprenante, à moins que ses sens ne fussent encore engourdis par l’état de transe. Le tranchant d’une main impitoyable atteint Envol à la nuque et il s’effondra. Dans le même mouvement, comme si l’assaillante accompagnait sa victime dans sa chute, la femme posa un genou sur le sol pour s’assurer que le jeune homme était bel et bien inconscient. Un sourire satisfait étira ses lèvres.
Doutait-elle de sa force ? Ou était-ce, simplement, une habitude qui lui garantissait toujours sécurité ?

Ces questions, pragmatiques et naturelles pour celle qui s’est habituée aux combats, ravivèrent Kahyra. La faëlle visa la femme de la flèche qu’elle avait retirée de son carquois.

-Stop.

Elle s’approcha rapidement sans lâcher sa cible de son point de tire. L’ombre s’amincit à mesure qu’elle s’avançait et elle put enfin voir la femme qui avait attaqué Envol. Cheveux bruns attachés, visage dur, empreint de mépris et d’indifférence, yeux pâles. Kahyra ne voyait pas le visage d’Envol, seulement le filet de sang qui s’écoulait de sa tempe.

-Stop ? lança la jeune femme en se relevant.

Kahyra sentit un pincement dans son cou; elle crut sentir ses muscles s’engourdir. La femme aux yeux pâles se mit à rire, puis chargea Envol sur son épaule comme s’il n’avait rien pesé. S’enfonça dans la forêt. Puis la faëlle se souvint d’un autre détail de son séjour dans la forêt Ombreuse. La végétation compacte, la noirceur, l’impossibilité de voir plus loin que quelques mètres... L’arc devenait une arme presque inutile au sol.
Kahyra vit le monde basculer alors qu’elle retirait une fine fléchette de sa peau. Cela n’avait, de toute façon, aucune importance à ce moment-là; elle tomba à genoux, son arme lui échappant des mains. Deux nouvelles silhouettes, nonchalantes, surgirent dans son champ de vision qui se brouillait. On la souleva, et elle perdit connaissance.
Sur les collines de Taj, le soleil scintillait toujours.

-

Lentement, Kahyra retrouva ses droits sur son esprit. D’abord ce fut le brusque réveil, l’assaut d’incompréhensions, de questions, d’inquiétudes et de stratégies. Un tourbillon de pensées qui, par un effort inhumain, passa inaperçu aux yeux de celui qui surveillait son corps inconscient. Et par-dessus ces tourbillons, elle était hantée par le visage d’Envol qu’elle n’avait pas vu lorsqu’il s’était retourné vers elle au seuil de la forêt. Qu’elle n’avait pas vu après que la femme l’eut assommé. Entre deux pensées, elle voyait son corps nanti d’une tête sans visage, qui assaillait son esprit avec autant d’efficacité que la fléchette qui avait assaillit son corps.
Elle tenta de repousser ces émotions incompréhensibles; souleva une paupière.

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